Un an de Burkina Yirwa : Le parti fait un bilan positif
Le 7 juillet 2016, le parti politique Burkina Yirwa a eu un an. Pour commémorer cet anniversaire, les responsables du parti ont animé une conférence de presse ce jeudi 21 juillet 2016 au siège du parti. Le bilan politique du parti, le passage à cinquième république, la sécurité, ont été entre autres, les questions abordées avec la presse.
« Pour juger un régime, j’aurais souhaité que les gens attendent au moins la moitié du mandat. A mi- mandant, on ne peut pas faire un bilan beaucoup crédible », a indiqué Etienne Traoré, président du parti Burkina Yirwa.
En effet, membre de l’Alliance des partis de la majorité présidentielle (APMP), le jeune parti a fait un bilan positif de sa participation aux différentes élections (présidentielle, législatives et municipales). En 2015, Burkina Yirwa avait lancé un appel à voter pour le candidat Roch Kaboré lors de l’élection présidentielle. Pour les législatives, le parti représenté dans dix provinces n’a pas eu de succès (aucun élu). « Aux municipales de mai 2016, Burkina Yirwa était présent dans 21 communes. Il a obtenu 42 élus et s’est classé 14ème sur 85 concurrents. Pour toutes ces élections, la direction du parti a fait un bilan critique positif tout en indiquant les gros efforts à fournir encore », a confié Etienne Traoré, président de Burkina Yirwa.
Faisant une analyse de la politique intérieure et extérieure du pays, Etienne Traoré indique : « Nous sommes comptables des résultats de cette politique, même si nous ne sommes pas aux premiers rangs des décideurs. Il faut reconnaître que ce nouveau pouvoir est arrivé à la direction de l’Etat dans un contexte très difficile au triple plan sécuritaire, économique et diplomatique, situation qui a certainement impacté négativement sur ses performances multisectorielles ».
Aussi, pour Etienne Traoré, il encore tôt pour faire un bilan du mandant présidentiel, surtout, s’il s’agit d’un bilan crédible. « Quand les gens parlent d’un bilan comme les 100 premiers jours, c’est une transposition mécanique venant de l’Europe. En Europe, celui qui vient au pouvoir n’a pas besoin de demander de l’argent pour aller faire son programme. Ici, les gens sont obligés d’aller quémander de l’argent pour aller faire ceci ou cela, les 100 premiers jours, ils sont toujours dans la quête de sous », a-t-il noté.
Et que dire du mariage avec la majorité présidentielle ? A ce sujet, Etienne Traoré soutient également que l’heure n’est pas au bilan. « Nous sommes au début de ce mariage. Si vous êtes un homme sage et raisonnable, à moins d’actes très forts qui soient posés, vous avez le devoir de patienter, d’observer et de faire vos critiques à l’intérieur comme à l’extérieur. C’est ce que nous sommes en train de faire. Si vous avez cette logique de quitter à chaque fois qu’il y a un mécontentement, vous ne serez jamais avec quelqu’un », a-t-il poursuivi.
Un référendum pour le passage à la cinquième république
Le passage à la cinquième république est politiquement justifié selon Burkina Yirwa. De l’avis d’Etienne Traoré, il est question d’une rupture avec la quatrième république marquée par une dérive autocratique, une dérive parentale. Et tirant leçon, le président du parti soutient qu’il faut trouver un texte de base qui empêche d’aller dans le même sens. « L’une des revendications fondamentales de l’insurrection était plus de justice, plus de démocratie réelle. C’est toujours bon que ce soit par référendum pour donner plus de crédibilité. C’est la meilleure formule pour donner une crédibilité à la constitution », a-t-il signifié.
S’agissant de la sécurité, Burkina Yirwa veut rompre avec la politique sécuritaire d’avant, « une politique de protection quasi exclusive du président et de son régime ». Raison pour laquelle, le parti estime que les citoyens devraient s’impliquer dans une synergie réelle avec les forces de défense et de sécurité. A cet effet, face à l’incivisme grandissant et au groupe d’autodéfense Koglwéogo, Etienne Traoré indique qu’il faudrait trouver une synergie entre les forces de défense et de sécurité et les groupes d’autodéfense. « Les (Koglwéogo) intégrer dans la police de proximité est une bonne chose en attendant que l’Etat qui a le devoir d’assurer la sécurité … puisse assurer la sécurité des biens et des personnes », a-t-il confié.
« Des juges propres »
Burkina Yirwa réclame une justice indépendante et des « juges propres qui exercent leur métier dans la sérénité ». A cet effet, concernant les dernières décisions de justice, notamment la liberté provisoire accordée à certaines figures de l’ex régime, Etienne Traoré précise qu’il peut bien commenter la pratique et non les décisions. « Je suis un monsieur tout le monde. Moi aussi, je me pose des questions : je suis parfois un peu surpris, parfois déçu. C’est pourquoi, nous avons dit qu’il faut une justice indépendante ».
Mais là, souligne le président du parti, il ne s’agit pas seulement d’une indépendance politique mais aussi, d’une indépendance financière. « Des juges capables de résister à la corruption financière et qui respectent les procédures », a-t-il souligné.
Nicole Ouédraogo
(Le Faso)