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30 Apr

Référendum au Burkina : Etienne Traoré remercie Bouba Yaguibou

Publié par SAIDICUS LEBERGER  - Catégories :  #POLITIQUE

Référendum au Burkina : Etienne Traoré remercie Bouba Yaguibou

Etienne Traoré, premier vice-président du PDS/Mètba.

Dans un article paru le 28 avril 2014, Burkina 24 retranscrivait la réaction de Me Bouba Yaguibou, député-maire et Secrétaire adjoint de l’ADF/RDA sur l’appel lancé par le CDP au Président pour l’organisation d’un référendum sur l’article 37 de la Constitution. Dans une opinion parvenue à Burkina 24, le Pr Etienne Traoré dit « merci à l’honorable Yaguibou Bouba pour avoir souligné le danger contre la paix que représente la tenue éventuelle du référendum. Lisez donc.

Merci à l’Honorable Yaguibou Bouba pour avoir souligné le danger contre la paix que représente la tenue éventuelle du référendum.

J’ai lu avec intérêt sur burkina24.com, mais sans surprise les propos du député-maire de Pô, Me Yaguibou Bouba. Il s’agit d’une position renouvelée de son Parti.

Je m’en réjouis d’autant plus que cette position provient même de la majorité présidentielle, dans sa fraction autonome en matière d’analyse et de pensée et qu’elle tire le juste signal d’alarme : ce référendum est une véritable menace pour la paix sociale!

Et j’ajouterai: une grave menace à cause d’un seul compatriote qui, ne voulant pas quitter le pouvoir a d’abord orchestré une fausse division au sein du peuple afin de vouloir recourir à l’arbitrage du même peuple. Je me répète, ce n’est pas le peuple qui a un problème avec l’article 37.

C’est bien plutôt Blaise Compaoré qui a un problème avec cet article dont l’esprit est de prévenir toute corruption autocratique et patrimoniale de la démocratie en ouvrant une perspective d’alternance.

Cet article dans son esprit et dans sa lettre est partie intégrante de la Constitution que le Président Blaise, dans son discours d’investiture a juré de défendre en 2010!!!

Même si la lettre de l’article 37 permet une révision, ce n’est pas lui qui a juré d’en défendre l’esprit et la lettre qui devrait le faire.

De plus, rappelons-nous ce très juste et légendaire adage latin : » C’est la lettre qui tue. Seul l’esprit vivifie »!

Au Burkina, évitons de confirmer cet adage en posant les jalons de troubles à la paix sociale par attachement obsessionnel et dangereux à la lettre de l’article 37, et ce, au détriment de son juste esprit consensuel et pacificateur.

Et puis l’on peut à juste titre se demander s’il s’agit d’une consultation autour de problèmes vitaux de la Nation ou d’une consultation pour, dans le fond, satisfaire une soif du pouvoir aiguisée par une peur de quitter le pouvoir. Dans la deuxième hypothèse, on pourrait alors dire que notre processus démocratique est comme pris en otage par les tenants du pouvoir qui, forts des avantages et institutions de ce pouvoir ( argent, administration, forces armées…) campent sur leurs positions à la manière d’un cowboy pour lancer ce défi : que celui qui en a les moyens et la force vienne nous remplacer.

C’est ainsi qu’on crée l’affrontement dans les esprits qui finissent par devenir des affrontements réels. Et je rejoins encore et à cet effet mon frère Yaguibou, la tenue de ce référendum risque d’attenter à la paix sociale alors qu’il suffit de respecter l’esprit (« qui vivifie ») de l’article 37 pour que nous chéminions dans la paix vers une présidentielle elle- même pacifique.

En ces moments difficiles, je pense que tous les démocrates, patriotes et amis de la paix où je situe l’ADF/RDA, devraient se donner la main pour empêcher notre pays de sombrer dans des violences fratricides à cause de quelques uns de nos compatriotes au pouvoir et qui semblent prêts à tout pour y rester.

N’oublions jamais que certaines violences peuvent déchirer le tissu social et même national sur des générations entières. Alors je demande de ne point tenter le diable.

Seule une grande mobilisation PATRIOTIQUE peut nous éviter ce scénario-catastrophe par l’isolement continu des faucons du pouvoir. Moi je demeure optimiste à cette condition. Et alors, même si des nuages s’amoncellent sur le ciel Burkibabè, il n’y aura pas de déluge.

Étienne Traoré,

Université de Ouagadougou le 29 Avril 2014.

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