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08 Aug

Jacob Zuma, l’insubmersible président qui résiste à tous les scandales

Publié par SAIDICUS LEBERGER  - Catégories :  #ACTUALITE

Abus de bien sociaux, accusations de corruption, revers électoraux: le controversé président sud-africain Jacob Zuma qui a survécu mardi à un vote de défiance résiste depuis son arrivée au pouvoir en 2009 à tous les scandales, grâce notamment à un sens politique aiguisé.

Son arrivée au pouvoir, à la tête du Congrès national africain (ANC), le parti de l’icône Nelson Mandela, est déjà un modèle du genre.

Fin 2007, il évince Thabo Mbeki, qui l’avait limogé de la vice-présidence sud-africaine deux ans plus tôt pour, déjà, des accusations de corruption.

Quelques mois plus tard, il obtiendra la tête de son rival, poussé à la démission, s’ouvrant une voie royale pour la présidence de la République.

A son arrivée à la tête de l’Etat, Jacob Zuma est déjà un miraculé.

Juste avant le scrutin de 2009, la justice avait – de façon étonnante, insisteront ses opposants – renoncé à le poursuivre alors qu’il était accusé d’avoir touché des pots-de-vin dans un contrat d’achat d’armes au groupe français Thales.

Trois ans plus tôt, le futur chef de l’Etat avait aussi été acquitté dans un retentissant procès pour viol.

Il avait aussi provoqué l’indignation en expliquant avec aplomb s’être prémuni de tout risque de contamination après un rapport non protégé avec une femme séropositive en prenant… une douche.

Ce témoignage lui vaut, aujourd’hui encore, d’être croqué par le plus célèbre caricaturiste sud-africain, Zapiro, avec un pommeau de douche au-dessus de son crâne chauve.

– Autodidacte et polygame –

Homme de réseaux, tacticien éprouvé et, surtout, doté d’un « nez » politique particulièrement fin, Jacob Zuma a réussi à naviguer entre les écueils et les déboires tout au long de son règne.

En 2016, le président est d’abord reconnu coupable d’avoir violé la Constitution en faisant payer par le Trésor public des travaux de modernisation dans sa résidence privée du KwaZulu-Natal (est). Il est contraint d’en rembourser une petite partie, près d’un demi-million d’euros.

En août, il est désigné comme le principal coupable de la débâcle électorale de l’ANC, qui réalise aux municipales son plus mauvais score national depuis l’avènement de la démocratie en 1994.

Puis c’est un rapport officiel qui met en lumière ses relations controversées avec une richissime famille d’hommes d’affaires d’origine indienne, les Gupta. Et comme si ça ne suffisait pas, la justice a décidé de rétablir ses accusations dans l’affaire Thales…

La série continue en 2017 où un remaniement controversé dans lequel il évince une dizaine de ministres pour placer ses fidèles au gouvernement accentue la contestation, y compris au sein de l’ANC.

Certains poids lourds du parti réclament son éviction, mais Zuma réussit à chaque fois à se relever.

Mardi, pour la quatrième fois depuis 2015, les députés étaient appelés à voter une motion de défiance contre le chef de l’Etat. Une fois de plus, il s’en est sorti et compte bien rester au pouvoir jusqu’à la fin de son mandat, en 2019.

Né le 12 avril 1942, l’ancien vacher autodidacte est le premier chef d’Etat officiellement polygame du pays.

Marié six fois, il a quatre femmes et une vingtaine d’enfants. Il est en outre divorcé de l’ex-présidente de la Commission de l’Union africaine Nkosazana Dlamini-Zuma, pressentie comme l’un de ses possibles successeurs à la tête du pays.

Fier de ses origines zouloues, grand danseur et remarquable chanteur, la bonhomie du sourire masque chez Jacob Zuma une patience de prédateur, affinée dans les geôles de l’apartheid.

– Homme du sérail –

Jeune homme, il a passé dix ans au bagne de Robben Island, au large du Cap (sud-ouest), avec Nelson Mandela. Il s’y découvre, accessoirement, une passion pour les échecs.

Une fois libéré, Jacob Zuma dirige la mise en place des structures clandestines de l’ANC dans sa région d’origine, avant de prendre le chemin de l’exil, notamment au Mozambique, au Swaziland puis en Zambie. Il y dirige les services de renseignements de l’organisation à la fin des années 1980.

Après la légalisation de l’ANC en 1990, c’est le retour en Afrique du Sud. Le cadre du parti participe aux négociations qui mènent aux premières élections démocratiques de 1994 et à la victoire de Nelson Mandela, qui prend la présidence du pays.

Une fois l’ANC au pouvoir, « JZ » devient ministre provincial au KwaZulu-Natal, puis vice-président de la République en 1999 jusqu’à son limogeage en 2005.

Sa traversée du désert n’est que de courte durée.

Il parvient au pouvoir en s’appuyant sur l’aile gauche de l’ANC et les syndicats, indisposés par la gestion trop libérale de l’élitiste Thabo Mbeki, son antithèse. Il incarne alors les espoirs de promotion des plus pauvres.

Malgré la promesse de réformes « radicales », Jacob Zuma déçoit pourtant nombre de ses fidèles en ne donnant pas le coup de barre à gauche qu’ils attendaient.

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