Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
22 Jun

FILIMBI - COMMUNIQUE N°19 - RESTITUTION DE LA RENCONTRE AVEC M. MAMAN SIDIKOU, REPRÉSENTANT SPÉCIAL DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DES NATIONS UNIES EN RDC

Publié par SAIDICUS LEBERGER  - Catégories :  #ANALYSE

Le 19 juin 2017, le mouvement FILIMBI, représenté par Carbone Béni, chargé du Réseau, et Mino Bompomi, Coordonnateur de la Coordination Provinciale de Kinshasa, s’est entretenu avec M. Maman SIDIKOU, Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies en RDC.

Cette rencontre, sollicitée par ce dernier dans le cadre de son mandant, avait pour principal objectif d’échanger sur la grave crise que traverse la RDC, notre chère patrie, ainsi que les différentes revendications contenues dans le communiqué conjoint des mouvements citoyens du 09 juin 2017. Parmi ces revendications, figure entre autres une demande au Secrétaire Général des Nations Unies de procéder au remplacement de son Représentant Spécial par une personnalité plus indépendante car nous estimons que le comportement de l’actuel ainsi que ses dernières prises de position publique violent la dernière résolution 2348 (2017) du Conseil de Sécurité des Nations Unies, et affectent sa neutralité.

En outre, il apparaît que ce dernier semble incapable d’appliquer les principales recommandations de ladite résolution parmi lesquelles la protection des civils et l’exigence de la publicationimmédiate du calendrier électoral par la CENI.

D’entrée de jeux, le Représentant Spécial a tenu à s’excuser sur le fait qu’il n’ait pas pris, plus tôt, l’initiative d’échanger avec les activistes pro-démocratie membres des mouvements citoyens alors que ces derniers sont directement ciblés, du fait de leur engagement pacifique, par la répression du pouvoir. M. SIDIKOU a précisé que cela est principalement dû au fait que le pouvoir ne tolère pas que ce dernier collabore directement avec les activistes des mouvements citoyens dont les organisations  sont considérés, à tort, comme étant  illégales car n’ayant pas une personnalité juridique. Néanmoins, il a tenu à préciser qu’il s’est toujours personnellement investi lorsqu’un activiste était victime de la répression du pouvoir. Pour rappel, la principale priorité stratégique de la MONUSCO est « d’assurer une protection efficace et dynamique des civils se trouvant sous la menace de violences physiques, notamment en dissuadant et empêchant tous les groupes armés et toutes les milices locales de commettre des violences contre la population ou en intervenant pour y mettre fin… »

Le Représentant Spécial a également tenu à s’excuser par rapport à la confusion créée par les propos que ce dernier avait tenu à la suite de la désignation, non conforme à l’accord du 31 décembre 2016,  de M. Tshibala au poste de Premier Ministre, laissant penser que les Nations Unies avait validé cette nouvelle violation. Il a alors confirmé que cette nomination a bel et été faite en violation du dit accord car M. Tshibala était déjà exclu de son parti et que sa désignation n’a pas respecté les termes de l’accord.

Ensuite, M. SIDIKOU a reconnu que la plupart des faiblesses et/ou défaillances de la MONUSCO soulevées dans le communiqué conjoint des mouvements citoyens sont fondées. Néanmoins, ce dernier a indiqué que cela serait principalement dû à l’insuffisance des moyens financiers et logistiques qui sont mis à la disposition de la mission. La situation actuelle ne permet par exemple pas de déployer une base d’intervention rapide efficace, et dirigée par des forces spéciales aguerries, dans les provinces du Kasaï. En outre, il a indiqué que depuis l’élection de la nouvelle administration américaine, il y a de plus en plus de pression au sein du Conseil de Sécurité pour un retrait progressif de la MONUSCO à compter de la fin de la cette année, une campagne principalement soutenue par des Etats tels que la Russie et la Chine, ce qui justifierait la lourdeur du système et l’insuffisance de moyens.

Le Représentant Spécial a également reconnu une certaine « naïveté » de l’ensemble de la « Communauté Internationale », y compris de la MONUSCO, par rapport à l’accord dit de la Saint Sylvester  dont la mise en œuvre a été totalement sabotée par M. Kabila et sa cour. Ces derniers se sont tout simplement appuyés sur cet accord pour désamorcer la mobilisation populaire et se maintenir illégalement au pouvoir. Néanmoins, il a insisté sur le fait que certains engagements contenus dans ledit accord ne peuvent en aucun être violés à savoir : M. Kabila ne peut plus se représenter lors de la prochaine élection présidentielle ; L’organisation d’un référendum est strictement interdit jusqu’aux prochaines élections ; Les élections doivent s’organiser dans les délais prévus car dans tous les cas de figures M. Kabila devra quitter le pouvoir à l’échéance de ce délai. Il a rappelé que les membres du Conseil de Sécurité sont unanimes sur l’inviolabilité de ces trois engagements.

En conclusion, M. SIDIKOU a encouragé la jeunesse, à travers les mouvements citoyens, à poursuivre son engagement citoyen pacifique. Il a également insisté pour qu’un cadre d’échange permanent, incluant les mouvements, soit développé afin de  faciliter les échanges avec la MONUSCO.

Les représentants du mouvement présents ont remercié M. Sidikou pour les éclaircissements apportés tout en lui rappelant que l’unique moyen de recouvrer la confiance des citoyens est de s’assurer, en tant que chef de la mission, que les principaux objectifs pour lesquelles la MONUSCO a été déployée en RDC, avec une priorité absolue sur la protection des civiles, soient atteints. Ils lui ont également indiqué que les mouvements citoyens continueront à sensibiliser en faveur d’un fonctionnement plus efficace de la MONUSCO jusqu’à ce que cela devienne effectif. Avant de conclure, ils ont brièvement échangé sur la situation des militants du mouvement toujours exilés dont toutes les charges ont été officiellement abandonnées, bien que le pouvoir ait jusqu’à ce jour refusé de transmettre une notification officielle d’abandon des poursuites dûment signée par les instances habilitées, parmi lesquels figure Floribert ANZULUNI, le Coordonnateur du mouvement. Les militants présents ont insisté sur la nécessité d’une implication de la MONUSCO afin que toutes les dispositions soient prises pour la protection des activistes pro-démocratie en danger. Le Représentant Spécial a promis de s’y investir dans les limites de son mandat. Avant de se quitter, le mouvement a réitéré son vif soutien pour l’ouverture immédiate d’une enquête internationale par le Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies à Genève.

 

Carbone Béni                                                                                                        Floribert Anzuluni

Chargé du Réseau                                                                                                Coordonnateur

Commenter cet article

Archives

À propos

L'Information vraie du Burkina Faso