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17 Jan

Interview Dr Sako Mamadou, député indépendant de Touba/ « Le député d’aujourd’hui doit aller au-delà du vote des lois »

Publié par SAIDICUS LEBERGER  - Catégories :  #INTERVIEW

Sacko

Chirurgien international et président de l’ONG OIEBES-H (Organisation internationale pour l’environnement, le bien-être social, la santé et la lutte contre le handicap), le Député Mamadou Sako est le nouveau député indépendant de Touba commune. Il explique, dans cet entretien, comment il a obtenu le suffrage des électeurs et donne sa vision du député de la troisième République.

Quel est le secret pour qu’un indépendant comme vous soit élu à Touba ?

Nous avons toujours été aux côtés des populations depuis des décennies. Nous avons apporté notre contribution au développement de notre région et puis nous avons essayé de résoudre au mieux les problèmes quotidiens que rencontrent ces populations sans être élu déjà. Dans le cadre des activités humanitaires que nous avons menées à travers toute la Côte d’Ivoire, ensuite en particulier à Touba commune.

Est-ce que vous êtes en train de nous dire que quand on veut être député, il ne faut pas attendre la campagne pour aller vers les populations, mais il faut que vous y soyiez dès le départ ?

Naturellement, aujourd’hui, la population ivoirienne a atteint une maturité. Il y a des discours qui ne passent plus, il faut poser des actions.

Dans votre cas concrètement, qu’avez-vous fait pour les populations ?

Nous avons équipé tous les centres de santé de la région du Bafing à nos propres frais. Aujourd’hui, les établissements sanitaires de la région présentent le meilleur plateau technique en Côte d’Ivoire. Donc nous avons réalisé cela. Nous avons aussi aidé à rassembler tous les imams et tous les pasteurs de la région et nous avons fait face aux problèmes quotidiens des populations. Quand elles veulent se réunir, elles n’ont pas de chaises, de bâches, nous avons mis cela à la disposition de tous les quartiers, de tous les villages.

Et tout cela vous a valu le résultat aujourd’hui d’être élu ?

Absolument. Député de Touba commune, capitale du Bafing. Je suis parti sans tee-shirt, sans prospectus. C’est pour dire que ma campagne était déjà faite avant les élections.

On sait que vous êtes président d’Ong, chirurgien international, vous faites la navette entre les Etats-Unis, la France et la Côte d’Ivoire. Comment on réussit à gérer tout cela ? Est-ce que c’est un message à la diaspora pour dire qu’on peut être à l’extérieur et aider ses parents ?

Justement, mon rôle aujourd’hui, dans mon programme, c’est de pouvoir réunir toute la diaspora et les intéresser effectivement à leurs régions d’origine, parce que je pense qu’il faut apporter sa contribution au développement de sa région.

Quels conseils donnerez-vous à ceux qui envisageraient devenir député un jour dans leur zone ?

C’est de ne pas attendre l’annonce de la campagne avant de se faire valoir dans leur région. Moi mes adversaires auraient dépensé des centaines de millions lors de la campagne alors que moi j’y suis allé les bras ballants. C’est pour dire qu’il faut saluer la maturité des électeurs, des populations ivoiriennes qui ont pris conscience qu’il faut laisser les billets de banque qui arrivent de façon sporadique et momentanée. Mais il faut encourager l’action permanente qui leur permet vraiment d’être soulagés au quotidien.

Aujourd’hui, vous êtes député. On sait que certains après leur élection, ne sont plus visibles dans leur circonscription électorale. Quelle sera  votre attitude vis-à-vis de vos populations?

J’aimerais vous ramener en arrière. J’ai été battu en 2011. Juste après les élections, pendant tous ceux qui ont été élus et battus sont rentrés à Abidjan, c’est en ce moment-là que j’ai commencé à rendre visite à tous les quartiers de Touba. Je leur ai distribué des milliers de chaises et de bâches que j’avais promises pendant ma campagne. Malgré ma défaite, j’ai tenu mes promesses. Ce n’est pas maintenant que je suis vainqueur que je ne vais pas assister ces populations. Bien au contraire, j’avais déjà commencé mes remerciements, mais je suis rentré parce que nous avons été invités au parlement pour nous accommoder à ce qui nous attend. Je pense que je retournerai incessamment pour aller continuer mes remerciements.

Maintenant que vous êtes député, qu’allez-vous faire ?

J’ai déjà commencé à travailler et le programme est tracé par la population elle-même. Pendant la campagne, on vous dit, voici nos aspirations, voici les urgences, voilà ce qu’on attend de vous…Moi je ne suis pas d’accord avec ceux qui disent que le rôle du député consiste à voter les projets de loi, à faire des propositions de projets de loi. Il faut aller au-delà. Un député doit être un agent de développement. Parce que les parents ont besoin de cela. Et puis le député, c’est le relais entre les populations, l’Etat de Côte d’Ivoire et l’administration. Donc je crois qu’il faut transcender certaines barrières, s’ouvrir aux populations, leur montrer que vous représentez leur espoir.

Vous êtes entre deux avions, aujourd’hui le rôle de député, vous le gérez comment ?

J’ai toujours géré cela de manière coordonnée. Mon village fait partie de la commune. Il y a des liens séculaires entre mes parents et ceux de Man… Je fais régulièrement de l’anacarde, du maïs, du soja etc. Donc je suis en contact permanent avec les populations. Et je crois que c’est ce qu’elles m’ont rendu aujourd’hui.

Réalisée par Hervé Gobou

rvgobou@yahoo.fr

http://infodusud.net/

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